Chine : l’ancien chef du contre-espionnage condamné à perpétuité pour corruption

A la suite d’une audience à huis-clos tenue le 16 août dernier, un tribunal du Liaoning, dans le nord-est de la Chine, a condamné hier jeudi, à la prison à vie, Ma Jian, l’ancien chef du contre-espionnage chinois, reconnu coupable d’avoir touché des pots-de-vin.

Ma Jian a été également privé de ses droits politiques et ses biens ont été confisqués. Le tribunal populaire intermédiaire de la ville de Dalian a estimé qu’il avait commis «les crimes de corruption, d’extorsion et de délit d’initié».

Le jugement rendu hier établit que Ma Jian a profité de ses fonctions de ministre adjoint au ministère de la Sécurité d’Etat au bénéfice d’entreprises contrôlées par le milliardaire en fuite Guo Wengui, acceptant pour près de 14 millions d’euros de biens. Ma Jian a indiqué qu’il ne ferait pas appel. Guo Wengui a de son côté demandé l’asile aux Etats-Unis où il est devenu un ardent critique du président chinois.

Ancien vice-patron du ministère de la Sécurité d’Etat, Ma Jian a été arrêté en 2015 puis exclu l’année suivante du Parti communiste chinois (PCC). Peu d’éléments de sa carrière sont connus publiquement. Il aurait progressé pendant trois décennies au sein de l’appareil sécuritaire et se serait hissé en 2006 à ce poste clé de numéro deux du ministère de la sécurité d’Etat.

Cette institution des plus secrètes dans le monde, joue un rôle fondamental pour l’Etat-parti puisqu’elle cumule le traditionnel renseignement extérieur à la surveillance et à la répression des éléments susceptiblees de déstabiliser le monopole du pouvoir du PCC.

La chute de Ma Jian avait suivi la disgrâce de son ancien patron, Zhou Yongkang, qui avait la main haute sur la police, la justice et les renseignements, lui aussi tombé pour corruption.

Comme Ma Jian, plus de 1,5 million de cadres du régime ont été sanctionnés par le président chinois Xi Jinping qui s’etait engagé dans une campagne sévère contre la corruption depuis son arrivée au pouvoir fin 2012. Mais certains observateurs estiment que cette campagne a visé avant tout les opposants internes  de Xi Jinping.

Mohamed El Abdi