Israël ne renouvellera pas le mandat des observateurs à Hébron

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé hier lundi dans un communiqué, que le mandat de la TIPH (Présence internationale temporaire à Hébron), une mission d’observation civile dans la ville de Cisjordanie, ne sera pas renouvelé.

Benjamin Netanyahu a abondé dans le sens des allégations d’activistes pro-colons selon lesquelles des membres de la TIPH auraient agi contre des colons et des soldats juifs.

En juillet dernier, des séquences vidéo avaient été diffusées sur les réseaux sociaux montrant un membre de TIPH qui aurait giflé un jeune garçon israélien de dix ans tandis qu’un autre membre aurait été filmé en train de crever les pneus de voitures de colons.

Et plus tôt ce mois-ci, le ministre israélien de l’Intérieur Gilad Erdan avait remis au Premier ministre un rapport de police accusant la TIPH de se heurter à des soldats dans la ville et d’enrayer leur travail, demandant au passage à Benjamin Netanyahu de ne pas renouveler le mandat permettant à la TIPH d’opérer à Hebron.

Devant être renouvelé tous les six mois tant par Israël que par l’Autorité nationale palestinienne, le mandat actuel de la TIPH expirera le 31 janvier prochain. Cette mission d’observateurs, dont la plupart sont européens, opère depuis 15 ans en tant que force de maintien de la paix à Hébron.

La mission y est déployée en vertu d’un accord israélo-palestinien conclu après le massacre en février 1994 par un colon israélien de 29 Palestiniens priant dans le Caveau des Patriarches, lieu saint pour les juifs et les musulmans.

La TIPH avait d’ailleurs pour principale tâche de recenser et rapporter, sans intervenir directement, les violations commises par les colons ou par les Palestiniens autour du tombeau des Patriarches, la mosquée d’Ibrahim (Abraham) pour les musulmans, au cœur de la Vieille cité, où reposent selon la tradition plusieurs figures bibliques dont Abraham.

Ces dernières années, Israël avait porté plainte contre certains membres de cette mission qu’il accusait de partialité.

Andreï Touabovitch

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