Un médiateur de l’ONU tente de ramener la paix durable au Soudan

L’Envoyé personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Soudan, Pekka Haavisto a rencontré à Nairobi (Kenya) le chef des Forces de soutien rapide (FSR), le général Mohamed Hamdan Hemedti, après s’être entretenu à Khartoum, avec le général Abdel Fattah Al-Burhan, le commandant de l’armée régulière soudanaise, a annoncé hier lundi le Secrétariat général de l’ONU.

«Ces consultations ont constitué une occasion constructive d’échanger des points de vue et d’explorer des pistes concrètes de désescalade et de protection des civils. Toutes les parties prenantes ont exprimé leur volonté de coopérer avec les Nations Unies et l’Envoyé personnel», a assuré ce lundi 6 avril, le Porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

Ces consultations avec ces deux protagonistes de la guerre fratricide inter-soudanaise en cours depuis le 15 avril 2023 dans ce pays africain, font suite à celles tenues par l’Emissaire onusien le week-end dernier au Caire, la capitale de l’Egypte, où il a rencontré, selon le Secrétariat Général de l’ONU, «des responsables égyptiens, des représentants de la Ligue des États arabes ainsi que des membres de la diaspora soudanaise».

Sur la base de ces acquis, l’ONU souligne «la nécessité de résultats rapides : cette dynamique doit se traduire rapidement par des progrès concrets pour mettre fin aux souffrances de tous les Soudanais, une fois pour toutes», a détaillé Stéphane Dujarric.

Sur le terrain, les Nations Unies renforcent leur présence à Khartoum, avec le retour de la Coordonnatrice résidente et humanitaire, Denise Brown, en compagnie d’une équipe de base, pour «relancer et étendre les opérations, tandis que plusieurs Agences (des Nations Unies) ont rouvert des bureaux fermés depuis le début de la guerre il y a près de trois ans», poursuite la même source.

Une reprise d’activités onusiennes qui tombe à pic à un moment critique au Soudan où plus de 1,6 million de personnes sont revenues ces derniers mois dans la capitale, Khartoum, malgré les risques liés aux restes d’explosifs de guerre et aux infrastructures sérieusement endommagées, rapportent des services techniques onusiens.

Le patron de l’ONU, Antonio Guterres réitère à ce titre son appel à «la protection des civils et des infrastructures civiles, y compris les établissements de santé, ainsi qu’à une cessation immédiate des hostilités et à un accès humanitaire rapide, sûr, sans entrave et durable».

Avec plus de 33,7 millions de personnes ayant besoin d’une aide vitale, le Soudan fait face à «l’une des crises humanitaires et sanitaires les plus graves au monde d’aujourd’hui», rappelle par ailleurs le secrétariat général de l’ONU.

Andreï Touabovitch