Dans une tribune libre publiée ce mercredi 14 octobre, le Directeur du Département Développement Pays à la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), bras financier de l’UEMOA, Franchy Nago a insisté sur la nécessaire coopération active devant exister entre cette Banque de développement et les Chambres de commerce des 8 Etats ouest-africains membres de l’Union.
«L’Afrique ne manque pas de potentiel économique, mais d’irrigation efficace de son tissu entrepreneurial. Création d’emplois, industrialisation, transition énergétique, digitalisation : le secteur privé est appelé à porter la transformation du continent », a-t-il déclaré
«Pour une immense majorité de nos entreprises, l’accès aux financements, aux marchés, et à la compétence demeure un parcours du combattant », a déploré Franchy Nago, relevant que «face à ce défi structurel, aucun acteur ne peut agir seul».
«Les BMD (Banques multilatérales de développement) et les Chambres de commerce interviennent auprès du même écosystème, mais selon des trajectoires trop souvent parallèles», a encore regretté ce cadre de la BOAD basée à Lomé, la capitale togolaise.
«Les BMD mobilisent des ressources de long terme, structurent des financements complexes, partagent les risques et financent la transformation à grande échelle. Les Chambres de commerce, ancrées dans le quotidien des entrepreneurs, connaissent leurs contraintes, représentent leurs intérêts et favorisent le dialogue, et maillent le territoire», a-t-il expliqué.
Il a suggéré un remède durable au mal, précisant que «le diagnostic est simple: la Banque dispose d’instruments puissants sans toujours toucher les réalités fines du terrain. La Chambre de commerce connaît précisément ces besoins sans avoir les capacités financières d’y répondre. Leur rapprochement n’est pas une option, c’est une exigence opérationnelle». Et cette conviction est au cœur de la vision de la BOAD, a-t-il rappelé.
À travers son Plan stratégique «Djoliba… La Suite, 2026-2030», la BOAD s’est engagée à consacrer la moitié de ses interventions au développement du secteur privé. «Toutefois, injecter des liquidités ne suffit pas. L’enjeu critique réside dans l’orientation de ces ressources vers les entreprises à fort impact, au moment opportun et sous une forme adaptée à leur degré de maturité», a détaillé Franchy Nago dans ses suggestions pratiques et réalisables.
Depuis sa création en 1973 et le début de ses opérations en 1976, la BOAD a porté à «10.991,600 milliards FCFA le montant global» de ses financements octroyés aux Etats et autres acteurs économiques de l’UEMOA.
