Au Gabon, la coupure des réseaux sociaux décidée le 18 février par la Haute autorité de la communication (HAC) continue de susciter de vives réactions. Deux semaines après l’interruption de plateformes comme Facebook et TikTok, l’ancien Premier ministre et opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze annonce avoir saisi la justice pour contester cette mesure.
Le leader du parti Ensemble pour le Gabon a déposé, le 3 mars, un recours en référé devant le Tribunal de première instance de Libreville. Il dénonce une « voie de fait » et estime que la décision de la HAC ne repose sur aucune base légale claire. Selon lui, toute restriction des libertés fondamentales doit être encadrée par une décision judiciaire formelle.
Alain-Claude Bilie-By-Nze affirme que la Constitution garantit la liberté comme principe fondamental et qu’aucune autorité administrative ne peut priver l’ensemble de la population de moyens de communication devenus essentiels, tant pour les échanges privés que professionnels. Il juge disproportionnée une mesure qui, selon lui, pénalise toute la société au lieu de cibler d’éventuels contenus problématiques.
L’opposant indique également que ses propres comptes certifiés sur Facebook ont été supprimés, pour la deuxième fois en quatre mois, et annonce envisager une procédure contre Facebook France.
De leur côté, les autorités présentent cette suspension comme temporaire, justifiée par des préoccupations liées à la stabilité et à la sécurité, et destinée à permettre un encadrement légal plus strict de l’usage des réseaux sociaux dans le pays.
