la Russie et le Madagascar confirment leur rapprochement

Le rapprochement entre Madagascar et la Russie se précise, illustrant la volonté de Moscou d’étendre son influence en Afrique. Moins d’un mois après la visite officielle du président malgache Michaël Randrianirina à Moscou, les deux pays affichent une convergence croissante, tant sur le plan diplomatique que sécuritaire.

Reçu le 19 février au Kremlin par Vladimir Poutine, le dirigeant malgache a marqué une étape historique : il s’agissait de la première visite d’un chef d’État de Madagascar en Russie depuis près d’un demi-siècle. Pour les autorités russes, cette dynamique constitue une « fenêtre d’opportunité », dans un contexte où Antananarivo cherche à diversifier ses partenariats internationaux.

Sur le plan économique, plusieurs secteurs sont ciblés, notamment l’agriculture et les ressources minières. Mais c’est surtout le domaine énergétique qui retient l’attention. Confronté à un déficit important en électricité, Madagascar pourrait bénéficier de l’expertise technologique russe pour développer ses capacités de production et de distribution, selon des responsables diplomatiques.

Parallèlement, la coopération militaire s’intensifie déjà. Environ 200 soldats malgaches ont été formés par des instructeurs de l’Africa Corps, structure qui a succédé au groupe Wagner sur le continent africain. Ce partenariat inclut notamment des formations au maniement d’armes et à l’utilisation de drones, dans le cadre d’un programme de huit semaines achevé début mars.

Pour Michaël Randrianirina, cette coopération permet à la fois de moderniser les équipements militaires hérités de la période soviétique et de renforcer les capacités opérationnelles de l’armée.

Ce rapprochement, à la croisée des intérêts économiques et sécuritaires, confirme l’ancrage progressif de Moscou dans l’océan Indien, tout en traduisant une recomposition des alliances du côté malgache.

Andreï Touabovitch