L’Assemblée Nationale du Sénégal a ouvert la voie à une éventuelle candidature de l’actuel Premier ministre, Ousmane Sonko à la présidentielle en 2029, suite à l’adoption ce mardi 28 avril, d’une réforme du Code électoral sénégalais ouvertement dénoncée par des députés de l’opposition.
La proposition de loi votée en plénière hier mardi, à une large majorité du PASTEF (formation au pouvoir depuis mars 2024) a été déposée par le parti de Sonko, qui jouit d’une large majorité à l’Assemblée nationale après des législatives anticipées.
La révision du Code électoral a «pour objet de réaménager et clarifier les cas de déchéance civique, de limiter et d’harmoniser leur durée désormais fixée à cinq ans à compter de l’expiration de la peine prononcée, et est rétroactive», énonce le texte de loi présenté aux députés.
Célèbre opposant virulent à l’ex-président, Macky Sall (2012-2024), Sonko avait été condamné en mai 2023, en appel, «à six mois d’emprisonnement avec sursis et 300.000 euros de dommages et intérêts pour diffamation», après une plainte d’un ministre du Président Sall.
La Cour suprême avait confirmé cette condamnation en janvier 2024, quelques semaines avant le scrutin présidentiel de mars 2024. La Cour suprême avait rejeté en juillet 2025, un recours de Sonko, alors Premier ministre depuis avril 2024, contre cette condamnation, en relançant le débat sur son éligibilité au prochain scrutin présidentiel de 2029.
Une somme de décisions judiciaires qui n’ont pas empêché le tribun Sonko d’être élu député aux législatives de novembre 2024, avant de renoncer à son mandat pour se maintenir dans ses fonctions de Premier ministre, alors que l’opposition au PASTEF affirme que l’actuel Premier ministre du pays «a bénéficié d’une fraude pour être candidat et élu aux législatives» de 2024.
La modification du Code électoral actée ce 28 avril, offre «des garanties supplémentaires au PASTEF qui veut éliminer toute forme d’empêchement de la candidature de Sonko en 2029. Cette loi ouvre la voie de façon définitive à sa candidature à ce scrutin», a commenté Alioune Tine, acteur de la Société civile au Sénégal.
