Sénégal : Le président Bassirou Diomaye Faye évoque les temps difficiles à venir

Au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a accordé, samedi 2 mai, un long entretien à la presse nationale, revenant sur les défis économiques à venir et les dynamiques politiques au sommet de l’État. Pendant plus de deux heures, il a répondu aux questions de journalistes issus de médias publics et privés.

Le chef de l’État a mis en garde contre des « temps difficiles », évoquant notamment l’impact de la flambée des prix du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient. Alors que les prévisions économiques reposaient sur un baril à 64,5 dollars, celui-ci avoisine désormais les 119 dollars. Une situation qui pourrait contraindre le gouvernement à revoir sa politique de subventions et à appliquer une hausse des prix de l’énergie, dans un contexte déjà marqué par une dette élevée et des mesures d’austérité.

Sur le plan politique, Bassirou Diomaye Faye a reconnu l’existence de divergences avec son Premier ministre Ousmane Sonko, tout en affirmant que la confiance restait intacte. Il a notamment exprimé des réserves sur la récente réforme du code électoral portée par le parti PASTEF, critiquée par l’opposition qui y voit une manœuvre en vue de la présidentielle de 2029.

Sans citer directement Ousmane Sonko, le président a dénoncé une tendance à la « personnification » du projet politique, insistant sur la nécessité de privilégier une vision collective plutôt qu’un leadership centré sur une figure unique.

Enfin, il a précisé que l’État sénégalais ne soutenait pas la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU, affirmant ne pas avoir été consulté sur cette initiative.

Andreï Touabovitch