Centrafrique : la Minusca accélère le transfert de ses bases aux autorités nationales

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) a officiellement rétrocédé sa base de Mbaïki à l’État centrafricain, marquant une nouvelle étape dans la reconfiguration de son dispositif après plus d’une décennie de présence dans le pays.

Située dans la préfecture de la Lobaye, à proximité de Bangui et de la frontière avec la République du Congo, cette emprise stratégique de plus de 214 000 m² comprend des logements, des infrastructures de formation, des tours de surveillance, des points d’eau et des équipements énergétiques désormais placés sous la responsabilité des autorités nationales.

Lors de la cérémonie, la cheffe de la Minusca, Valentine Rugwabiza, a souligné que ce transfert s’inscrivait dans l’adaptation progressive de la mission à l’évolution de la situation sécuritaire. Elle a rappelé que plusieurs autres bases avaient déjà été remises aux autorités centrafricaines dans différentes régions du pays.

Pour le gouvernement, représenté par le Premier ministre Félix Moloua, cette rétrocession ne signifie pas un retrait de la mission onusienne, mais plutôt une réorganisation de ses moyens vers les zones où les défis sécuritaires demeurent les plus importants.

Cette opération intervient dans un contexte de réduction des effectifs et des ressources de la Minusca, confrontée à une baisse de son budget. Depuis le début de l’année, 21 bases ont déjà été fermées ou transférées, avec l’objectif d’atteindre au moins 27 sites d’ici fin 2026.

Au-delà du symbole, cette transition place désormais les forces centrafricaines face au défi de consolider les acquis sécuritaires et de répondre aux préoccupations des populations locales, qui continuent de signaler des actes de banditisme malgré l’amélioration de la situation dans certaines régions du pays.

Andreï Touabovitch