le Nigeria plaide pour un rapprochement entre la Cédéao et l’AES

Le ministre nigérian de la Défense, le général Christopher Musa, a appelé à une coopération accrue entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la Confédération des États du Sahel (AES), estimant que la lutte contre le terrorisme impose de dépasser les divergences politiques qui opposent les deux blocs.

En visite officielle à Cotonou, il a souligné que les menaces sécuritaires, de l’extrémisme violent à la criminalité transfrontalière, ignorent les frontières nationales et nécessitent un partage renforcé du renseignement ainsi qu’une coordination opérationnelle plus étroite. Selon lui, seule une approche régionale permettra de contenir durablement l’insécurité qui affecte aussi bien le Sahel que les États côtiers du golfe de Guinée.

Cette prise de position intervient alors que la Cédéao et l’AES tentent de redéfinir leurs relations après le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de l’organisation ouest-africaine. Lors de son sommet de juillet à Lungi, la Cédéao a prolongé jusqu’à décembre 2026 le mandat de son médiateur, Lansana Kouyaté, tout en réaffirmant que les discussions avec les trois pays sahéliens se poursuivraient dans un cadre collectif.

En parallèle, les dirigeants de l’AES ont harmonisé leur position de négociation, tandis que des contacts informels engagés ces derniers mois ont permis d’esquisser des pistes de coopération sur les questions sécuritaires, les corridors commerciaux et la libre circulation.

L’appel de Christopher Musa traduit la volonté du Nigeria, première puissance militaire et économique de la sous-région, de privilégier une approche pragmatique face à la montée des menaces sécuritaires. Il confirme également que, malgré les fractures politiques, la coopération entre la Cédéao et l’AES apparaît de plus en plus comme une nécessité stratégique pour la stabilité de l’Afrique de l’Ouest.

Andreï Touabovitch