L’enquête sur le crash d’un Boeing ukrainien en Iran s’annonce compliquée

Les interrogations sont encore nombreuses et l’enquête s’annonce compliquée sur le crash hier mercredi, d’un avion de ligne ukrainien en Iran, ayant fait 176 morts, dont une majorité d’Iraniens et au moins 63 Canadiens. 

Le vol PS752 de la compagnie Ukraine International Airlines avait décollé mercredi à 6h10 heure locale de l’aéroport Imam Khomeiny de Téhéran en direction de l’aéroport Boryspyl de Kiev. 

Le Boeing 737-800, qui est une version antérieure à celle du 737 MAX, cloué au sol depuis mars après deux accidents mortels, a disparu des radars quelques minutes après. Les raisons de ce crash n’ont pas été déterminées pour le moment.  

L’enquête pour tenter de déterminer les causes de l’accident incombera aux autorités iraniennes, conformément à la Convention de Chicago de l’Organisation de l’aviation civile internationale. 

Ladite convention stipule également que l’Etat où a été conçu et construit l’appareil, à savoir les Etats-Unis, et l’exploitant, c’est-à-dire l’Ukraine, «ont chacun la faculté de désigner un représentant accrédité qui participera à l’enquête». 

Lors d’une conférence de presse à Ottawa, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a réclamé une «enquête approfondie» sur cette catastrophe aérienne, la plus meurtrière impliquant des ressortissant canadiens depuis l’attentat contre un Boeing d’Air India en 1985, dans lequel 268 Canadiens avaient trouvé la mort. 

L’implication du Canada s’explique par le fait que le pays héberge l’une des plus importantes disaporas iraniennes d’Amérique du Nord, avec 210.000 Canadiens d’origine iranienne recensés en 2016, selon les chiffres officiels. 

Mais déjà, dans un contexte de tensions entre les deux pays, l’Iran a indiqué qu’il refusait de remettre aux Etats-Unis les boîtes noires qui enregistrent toutes les données d’un vol. 

Or, peu de pays ont l’expertise pour lire les données des enregistreurs de vol si ces denriers sont en mauvais état, à savoir les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, et à un degré moindre l’Allemagne et la Russie. Les Etats-Unis ont répondu de manière à peine voilée à l’Iran en appelant à la «pleine coopération avec toute enquête sur les causes» de ce crash.

Andreï Touabovitch