La Police sud-africaine a tiré ce 25 mars des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes pour disperser des manifestants qui vitupéraient «contre l’immigration illégale dans le pays». C’était dans la ville côtière de Durban (ouest, 3è cité du pays).
Des centaines de manifestants ont répondu à l’appel de plusieurs partis politiques et du groupe d’autodéfense xénophobe ‘Operation Dudula’ en investissant les rues de Durban, en brandissant des panneaux «réclamant un durcissement de l’action gouvernementale contre les migrants sans-papiers».
L’Afrique du Sud connaît ces 15 dernières années des flambées cycliques de violences anti-migrants, parfois meurtrières. Ce sujet sensible est censé occuper une bonne place dans la campagne pour les élections locales prévues entre novembre 2026 et février 2027, selon plusieurs analystes de la nation arc-en-ciel.
Ce 25 mars, à Durban, la Police est dans un premier temps parvenue à empêcher les protestataires de se rendre vers le front de mer, gangréné selon eux par le trafic de drogue. Mais un petit groupe est parvenu à s’y rendre, a pris à partie des passants et pillé plusieurs magasins, déclenchant l’intervention policière, ont rapporté plusieurs témoins.
L’Afrique du Sud, économie la plus industrialisée du continent africain et principal contributeur d’Afrique dans les grands échanges mondiaux, demeure une destination de choix pour beaucoup de personnes demandeurs d’emploi, malgré «un taux sud-africain de chômage de 32%». Selon l’agence nationale de statistiques, «quelque 3 millions d’étrangers en situation régulière vivent en Afrique du Sud, soit 5,1% de la population».
