Selon l’Institut pour les Enfants de l’Université du Cap, l’apartheid n’est pas fini pour ceux-ci. Après avoir effectué des recherches, cette structure a conclu que les plus jeunes blancs sont, en plus grand nombre, promis à grandir dans de meilleures conditions que les noirs du même âge.

Cet institut publie chaque année « le baromètre de l’enfant sud-africain ». Ce périodique informe le grand public sur la situation des plus jeunes dans la nation arc-en-ciel. Et, dans l’édition 2012, le constat est assez amer : « nous avons un taux d’inégalité les plus élevés dans le monde et ça ne va pas mieux : il s’est un peu détérioré ». Des propos de Katharine Hall, une des auteurs de la revue. Autrement dit, bien que la pauvreté ait reculé en général, le fossé entre les riches et les pauvres s’est élargi. Présentement, environs 60 % des enfants noirs vivent dans des ménages pauvres. Ces foyers disposent de moins de 575 rands (64 dollars américains) de revenus mensuels. Par contre, seuls 2 % des enfants blancs sont dans des situations similaires. D’après les calculs effectués par les auteurs, un enfant noir est 18 fois plus promis à croître dans la précarité qu’un blanc. L’étude situe même géographiquement les enfants pauvres : ils habitent communément les régions rurales d’antan appelées bantoustans. Celles-ci avaient été établies exclusivement pour le logement des Noirs du temps de la ségrégation raciale.

« Nous voyons les vieux schémas d’inégalité se répéter tout le temps », a expliqué Mme Hall. Et, de renchérir : « les enfants qui sont nés de parents pauvres et grandissent dans des ménages pauvres sont susceptibles de rester pauvres, et, de cette manière, les inégalités de l’apartheid sont reproduites ». L’Etat essaie un tant soit peu de pallier à la précarité. Ainsi, 11,2 millions d’enfants sud-africains sur les 18,5 millions que compte le pays bénéficiaient d’une assistance sociale en juillet dernier.

 

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