La présence d’Hamad Bin Khalifa Al Thani, l’Emir du Qatar, à la commémoration du premier anniversaire de la Révolution tunisienne a soulevé une vague de contestation dans le pays. Des manifestants à Tunis ont dénoncé une ingérence qatarie et américaine. Une interprétation similaire pourrait être faite du discours d’Houcine Abbassi, le secrétaire général de l’UGTT (Union Générale des Travailleurs Tunisiens) à l’occasion de ce premier anniversaire, qui a souligné la capacité du pays à mener à bien sa politique économique et sociale, « en toute indépendance ».

Une grande partie de l’opinion publique tunisienne, et même arabe, ne voit pas d’un bon œil l’envergure que prend le Qatar sur la scène politique internationale arabe. Les militants panarabes ainsi que les militants de gauche l’accusent de vouloir dominer la région en appuyant l’impérialisme américain duquel il serait au service. Les détracteurs du Qatar fondent leurs allégations sur le fait que le Qatar, qui se pose en défenseur de la démocratie dans le monde arabe, ne satisfasse pas lui-même aux exigences de cette démocratie. La récente Constitution de l’Emirat, établie en 2003 et qui interdit la formation de partis politiques, n’a instauré jusqu’à présent qu’un Conseil consultatif dont l‘Emir nomme quinze des quarante-cinq membres, les autres étant élus au suffrage universel direct. A cela s’ajoute la contribution du Qatar à la répression de la contestation populaire au Bahreïn.
L’autre argument avancé par les opposants à la politique étrangère qatarie comme preuve de la coopération de l’émirat avec les Etats-Unis est que sa chaîne Al Jazeera est la seule télévision arabe à avoir donné sur ses ondes la parole à des représentants israéliens. Cela est interprété comme une tentative qatarie de faire accepter Israël par le monde arabe.

 

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