hunchunPeuplée d’à peine 225 000 habitants et dépourvue d’attraits particuliers, la ville de Hunchun, située aux confins nord de la Chine entre la Russie et la Corée du Nord, voit pourtant déferler sur elle les investissements du gouvernement et du secteur privé. Les autorités chinoises ont en effet décidé de miser sur cette ville pour revitaliser la Mandchourie, l’ancien bassin historique de l’industrie lourde du pays, aujourd’hui en désuétude.

Selon le ministère chinois du Commerce, la ville de Hunchun a reçu l’an dernier 14.7 milliards d’euros d’investissements. Un projet d’autoroute de 360 kilomètres, dont le coût est estimé à 5.5 milliards d’euros, doit relier d’ici le mois d’octobre prochain Hunchun à Changchun, la capitale régionale du Jilin. Les autorités ont même pris le pari, jugé assez hasardeux, de compter sur la Corée du Nord dans sa stratégie pour développer Hunchun. La proximité du port nord-coréen de Rason, qui offre un débouché maritime bien plus rapide vers le Japon que la plupart des ports chinois, est une raison de plus pour transformer Hunchun en un centre d’échanges commerciaux pour l’Asie du nord-est. Un budget de 4.4 milliards d’euros a même été adopté pour un site touristique tri-national qui promet aux visiteurs de jouer au golf le jour en Russie, de dîner ensuite en Chine, avant d’aller jouer au casino le soir en Corée du Nord.

Le point faible de cet ambitieux projet semble être les voisins septentrionaux, la Russie et la Corée du Nord, qui ne présentent pas les caractéristiques des partenaires les plus commodes qui soient. La première est empêtrée dans des problèmes dus aux sanctions liées à la crise ukrainienne et à la chute des prix du pétrole. La seconde est souvent qualifiée d’imprévisible. Malgré les efforts de Pékin pour moderniser Rason et sa zone économique spéciale, l’activité portuaire et commerciale y reste faible. Par ailleurs, les investisseurs chinois ont été refroidis par l’exécution en 2013 de Jang Song-Thaek, l’homme du régime nord-coréen qui voulait développer les relations avec la Chine, accusé d’avoir « vendu les terrains de la zone de Rason à un pays étranger pour 50 ans ».

 

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