La récente attaque visant l’aéroport international de Niamey, revendiquée par l’État islamique au Sahel, a remis en lumière la présence sécuritaire russe au Niger. Dans un communiqué publié le 2 février, le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que l’assaut du 28 janvier avait été repoussé grâce à une action conjointe entre les forces nigériennes et l’Africa Corps, structure relevant du ministère russe de la Défense et successeur du groupe paramilitaire Wagner.
Au lendemain de l’attaque, le chef du régime militaire nigérien, le général Abdourahamane Tiani, avait publiquement salué l’appui des « partenaires russes ». Toutefois, la nature exacte de cette présence reste entourée d’un certain flou. Ni les effectifs ni le déploiement précis des éléments russes ne sont officiellement connus.
Il est néanmoins établi que des personnels russes opèrent au sein de la base aérienne 101 de Niamey, que les autorités militaires ont félicités pour leur rôle dans la défense du site lors de l’attaque.
Selon plusieurs analystes, les militaires russes ne participeraient pas directement aux opérations de combat, contrairement à ce qui est observé au Mali. Leur mission porterait plutôt sur la formation des forces nigériennes, la maintenance des équipements militaires acquis auprès de Moscou, ainsi que sur des activités liées au renseignement et aux interceptions, en collaboration avec la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure du Niger.
Le renforcement des liens entre Niamey et Moscou s’est également illustré par la récente prise de fonction d’un nouvel ambassadeur russe, auparavant accrédité au Mali.
Dans certains cercles de la société civile nigérienne, des voix appellent toutefois à davantage de transparence concernant les modalités et le coût de cette coopération militaire.
