Crise dans l’Est de la RDC : L’Angola se réinvite à travers un appel pressant, dans la médiation de l’UA

A quelques jours de la tenue du 39è Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine (UA), la diplomatie angolaise a lancé ce mardi 10 février, un appel pressant pour un cessez-le-feu, à l’adresse de tous les protagonistes de la crise dans l’Est de la RDC, qui est montée en puissance depuis fin 2024.

Ce énième appel de l’Angola est initié par son Chef de l’Etat et Président en exercice de l’UA, Joao Lourenço qui a échangé lundi dernier sur le dossier congolais, avec « plusieurs dirigeants africains à Luanda », rapporte la Présidence angolaise.

Lourenço s’est « entretenu avec le Président de la RDC, Félix Tshisekedi, le Président du Conseil des ministres du Togo et médiateur de l’UA, Faure Essozimna Gnassingbé, ainsi qu’avec Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria. La réunion a porté sur la sécurité régionale et le processus de la paix en RDC, précise la présidence angolaise.

Dans un communiqué publié lundi par la diplomatie angolaise à l’issue de la réunion de Luanda, ces dirigeants appellent « toutes les parties au conflit en RDC à mettre en œuvre un cessez-le-feu, précisant que le calendrier et les modalités spécifiques du cessez-le-feu seraient déterminés par le biais de consultations entre les parties concernées ».

Par ailleurs, les mêmes acteurs souhaitent voir s’accélérer « la mise en œuvre du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu convenu à Doha en octobre 2025 ».

D’après le département angolais des Affaires étrangères, les participants à la rencontre présidentielle du 9 février, ont de nouveau, « autorisé l’Angola à engager des consultations avec toutes les parties concernées en RDC, afin de faire progresser le dialogue interne et de contribuer à résoudre la crise sécuritaire » dans le pays le plus vaste d’Afrique sub-saharienne.

L’Angola avait passé au Togo début 2025, le relai de la facilitation de l’UA dans la crise à l’Est de la RDC, après avoir piloté, pendant près de 3 ans, une médiation régionale dans ce dossier brûlant et délicat.

Depuis janvier 2025, les tensions dans l’Est de la RDC se sont intensifiées par les faits et gestes du groupe rebelle du Mouvement du 23-Mars (M23) qui a lancé des offensives contre les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, faisant de nombreuses victimes civiles, militaires et forçant les déplacements de centaines de milliers de populations en RDC et vers le Rwanda et le Burundi voisins.

Andreï Touabovitch