Gabon: Arrestation depuis la soirée de ce 15 avril d’un opposant de premier plan

L’entourage de l’ex Premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-by-Nze s’alarme depuis ce 16 avril autour de l’interpellation, à pas de charge, dans la soirée de ce 15 avril, de cet homme politique devenu un opposant viril au régime d’Oligui Nguema.

Alain-Claude Bilie-by-Nze «a été interpellé à son domicile par des agents de la DGR (Direction Générale des Recherches) dans des conditions que nous considérons arbitraires, brutales et manifestement contraires aux principes fondamentaux de l’État de droit», a vitupéré ce 16 avril un communiqué de presse de son parti EPG (Ensemble pour le Gabon). Cette formation politique souligne que «cette arrestation serait liée à une affaire remontant à 2008».

Le parti d’Alain-Claude Bilie-By-Nze lit à travers cette interpellation «une manœuvre politique grave, visant à faire taire une voix critique majeure, affaiblir l’opposition et instaurer un climat d’intimidation incompatible avec les exigences démocratiques». Et par conséquent exige la «libération immédiate de son candidat» à la présidentielle anticipée de 2025.

EPG estime et détaille que l’affaire incriminée par l’Etat depuis ce 15 avril «est en lien avec une créance que l’État gabonais n’aurait pas honoré dans le cadre de l’organisation de la Fête des cultures, dont il était à l’époque (2008) le président du Comité d’organisation».

«Une tierce personne en réclamerait aujourd’hui le paiement, en l’imputant à titre individuel à Alain-Claude Bilie-By-Nzé, alors même qu’il agissait dans un cadre institutionnel», argumente le communiqué rendu public ce 16 avril.

Candidat malheureux à l’élection présidentielle d’avril 2025 au Gabon, ancien Premier ministre d’Ali Bongo (2009-2023), Alain-Claude Bilie-By-Nzé s’est élevé, avec véhémence, ces dernières semaines, «contre la suspension des réseaux sociaux en vigueur depuis le 17 février 2026 au Gabon et l’adoption par ordonnance, sans débat ni vote, d’une réforme du Code de la nationalité». Une réforme introduisant «la déchéance de nationalité gabonaise pour activités subversives et déstabilisatrices».

Andreï Touabovitch