«Les crises qui secouent actuellement le Moyen-Orient impactent les économies mondiales et surtout les pays africains qui pourraient perdre jusqu’à 0,2 point de croissance». C’est le principal enseignement d’un document conjoint publié ce 16 avril par plusieurs instances internationales et africaines.
Il s’agit de la Commission de l’UA (Union Africaine), le Groupe de la BAD (Banque africaine de développement), de la CEA (Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique), et du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement).
Intitulé «Impacts du conflit au Moyen-Orient sur les économies africaines», ce Rapport explique «que les économies africaines qui se relevaient doucement des conséquences drastiques de la Covid-19, de la guerre russo-ukrainienne et des hausses des tarifs commerciaux, pourraient figurer parmi les plus impactés par ces guerres en cours aux» Proche et Moyen-Orients.
Les principaux canaux de transmission «des effets des conflits au Moyen-Orient sur les économies africaines sont: les envolées des prix des hydrocarbures, des produits alimentaires et des engrais; la perturbation du commerce mondial et des chaînes logistiques et d’approvisionnement, ainsi que la volatilité des marchés des capitaux et de change», ont ciblé les auteurs de ce Rapport.
«80% du pétrole importé en Afrique vient de cette zone ainsi que 50% du pétrole raffiné », a clairement pointé Claver Gatete (Secrétaire exécutif de la CEA). Du fait de ces guerres, «31 pays africains enregistrent déjà une dépréciation de leurs devises», s’inquiète la CEA.
La Vice-Secrétaire Générale des Nations Unies, Amina J. Mohammed, a appelé, dans ce contexte, à mettre en place des mesures «pour sauvegarder les gains déjà engrangés au niveau continental. Nous devons œuvrer à ce que les ODD (Objectifs de développement durable) dans le cadre de l’agenda 2030 et de l’Agenda 2063 (de l’UA) soient atteints», a-t-elle plaidé.
Pour la Vice-présidente principale du Groupe de la BAD, Marie-Laure Akin-Olugbade, «il y a nécessité d’une coordination globale car, aucun pays ni institution ne peut faire face seule aux chocs. En plus, il faut une réactivité rapide comme ce fut le cas lors de la pandémie de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Et que les populations soient placées au centre des interventions» étatiques.
«Les chocs nous touchent profondément et nous n’avons pas le choix que d’être résilients et les pays africains en ont les moyens de réagir», a conclu Ahunna Ezioknwa (Directrice du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique). «Nous avons besoin, en Afrique, de gagner la lutte pour l’indépendance énergétique… Il nous faut investir dans les solutions nationales et inciter les jeunes à s’investir dans l’innovation, le numérique et l’IA (Intelligence artificielle)», a-t-elle conforté.
