Inde : controverse sur le taux de chômage dans le pays

Le gouvernement de l’Inde a révélé le mois de janvier dernier, des chiffres sur le chômage, qui seraient en fait, trois fois inférieurs au taux réel du chômage  que connait le pays.

Le jeudi 31 janvier, le quotidien économique Business Standard révélait un rapport du Bureau national hindou des études statistiques selon lequel le taux de chômage en Inde serait de 6%, alors que le gouvernement avançait jusqu’alors la statistique d’à peine 2%.

Selon l’information de Business Standard, ce sont ainsi environ 30 millions de personnes qui seraient actuellement sans emploi en Inde, un niveau qui n’a jamais été atteint depuis 45 ans, depuis que les statistiques existent dans le pays. Les jeunes sont les plus touchés, en zone rurale mais encore davantage en zone urbaine.

La fuite de cette information dans la presse a provoqué dans le pays une vive polémique. Lundi soir, le président du Bureau des statistiques a été contraint de démissionner. Soupçonné d’avoir gardé ces statistiques secrètes pendant des mois, le gouvernement nationaliste de Narendra Modi a promis de publier sa propre évaluation sur la situation de l’emploi dans le pays dans les tous prochains jours.

Pourtant, le Premier ministre Narendra Modi a été élu il y a cinq ans grâce principalement de sa promesse de créer 10 millions d’emplois pendant son mandat, sachant que l’économie du pays connait une forte croissance de 7%. Mais ce niveau de croissance ne suffit pas à lui seul à absorber les 12 millions d’Indiens qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

L’Inde a également beaucoup souffert de la décision du Premier ministre de retirer de la circulation l’essentiel des billets de banque, une décision prise pour lutter contre la fraude fiscale, mais qui a au final, paralysé une économie qui fonctionne grâce à l’argent liquide.

A deux mois du début des élections prévues pour avril et mai prochains, cette controverse sur le chômage pourrait coûter cher au parti de Modi au pouvoir au moment où le grand parti d’opposition, le Parti du Congrès de la famille Ghandi, redore son blason.

Mohamed El Abdi

Partager