Une tension plane sur les relations entre Rabat et Ryad

Le Maroc a suspendu sa participation au sein de la coalition militaire arabe dirigée par l’Arabie saoudite, dans la guerre au Yémen et Rabat a rappelé pour consultation son ambassadeur à Ryad, ont annoncé des  responsables marocains cités sans être nommés, par le quotidien américain «The Washington Post».

D’après The Washington Post, le Maroc ne prend plus part aux interventions militaires ni aux rencontres ministérielles dans le cadre de cette coalition sous commandement saoudien, a déclaré jeudi un responsable gouvernemental marocain, sans donner plus d’informations.

Selon la même source, le Royaume est resté muet sur les détails et la date exacte de son retrait de cette coalition militaire. Pour rappel, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, avait déjà annoncé lors d’une interview accordée le mois dernier, à la chaîne qatarie Al Jazeera, que la participation du Maroc au Yémen avait «changé».

Citant un autre responsable marocain, The Washington Post rapporte par ailleurs, que «le Maroc a rappelé son ambassadeur en Arabie saoudite pour consultations», ajoutant que l’ambassadeur marocain à Ryad, Mustapha Mansouri, se trouve déjà à Rabat mais il n’a pas souhaité détaillés les mobiles de son rappel.

Pour l’ambassadeur  Mustapha Mansouri «les relations entre le Maroc et l’Arabie saoudite sont historiques et solides », estimant « normal que des divergences ou des différends éclatent de temps en temps » entre les pays, avant de conclure qu’il s’agit simplement d’une «crise passagère et que les relations entre nos deux pays retrouveront leur cours normal».

La tension entre les deux Royaumes a commencé à monter au début de la crise qui avait éclaté en juin 2018, entre d’une part le Qatar et d’autre part l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn et l’Egypte qui reprochent à Doha de soutenir les groupes terroristes et de tenir des liens très rapprochés avec l’Iran, alors que le Maroc avait fait preuve de réserves et opté pour la neutralité dans cette crise diplomatique.

Mais la goutte qui a fait déborder le vase a été la diffusion  au début de ce mois de février, par la chaîne TV saoudienne Al Arabia, d’un reportage sur le «Sahara occidental», dans lequel la marocanité du Sahara a été remise en doute et le Polisario y est présenté comme le «représentant exclusif» du peuple sahraoui. Pourtant l’Arabie Saoudite a toujours appuyé officiellement la position du Maroc.

Francis Shwarz

Francis Shwarz

ancien Senior Consultant spécialisé dans les questions de stratégie économique au sein de la société Boston Consulting Group (BCG), et ancien manager au sein du groupe spécialisé dans les services pétroliers Schlumberger. en savoir plus