Iran : le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif annonce sa démission

Contre toute attente, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, dont le fait marquant reste la conclusion de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire de la République islamique, a annoncé hier lundi sa démission dans un message publié sur son compte Instagram.

La démission de Mohammad Javad Zarif a été confirmée de source officielle iranienne, mais Mahmoud Vaézi, directeur de cabinet d’Hassan Rohani a cependant « fermement démenti » sur Twitter que le président ait déjà accepté cette démission.

A 59 ans, Mohammad Javad Zarif a été le chef de la diplomatie iranienne pendant tout le premier mandat d’Hassan Rohani entre 2013 et 2017 et a été reconduit à ce poste après la réélection du président, qui fait figure de modéré en Iran. Il a vu ces derniers mois les critiques s’intensifier contre lui après la décision en mai dernier du président américain Donald Trump de retirer unilatéralement son pays de l’accord sur le nucléaire iranien, notamment pour l’absence de retombées économiques pour l’Iran.

Mohammad Javad Zarif a été un défenseur inlassable de l’accord de 2015, dont il a été le négociateur en chef côté iranien, conclu à Vienne en juillet 2015 entre la République islamique et le Groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) pour mettre fin à 12 ans de crise autour de la question nucléaire iranienne.

La tension s’était cristallisée ces derniers temps entre lui et les ultraconservateurs sur la question de l’adoption des mesures législatives auxquelles le gouvernement iranien s’est engagé vis-à-vis du Gafi, l’organisme qui coordonne les efforts internationaux en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Cette question fait l’objet d’un bras de fer entre le gouvernement et le parlement d’un côté, et des organes de contrôle du système politique iranien, où dominent les ultraconservateurs, de l’autre.

Le Gafi a donné un ultime délai à l’Iran pour que le pays se conforme d’ici à juin aux critères internationaux contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, sous peine de sanctions. Les Européens ont rendu cette condition indispensable pour la mise en place effective du système de troc imaginé par l’Union européenne pour permettre à l’Iran de continuer à commercer avec les pays européens en contournant les sanctions économiques réimposées par Washington après le retrait américain de l’accord nucléaire.

Mohamed El Abdi