Sénégal : Macky Sall remanie l’APR pour relancer l’opposition

L’Alliance pour la République (APR), principal parti d’opposition au Sénégal, accélère sa mue. Depuis le Maroc, où il s’est établi après la défaite de son camp à la présidentielle, l’ancien chef de l’État Macky Sall a procédé, le 20 janvier, à la nomination de 25 nouveaux responsables au sein des instances dirigeantes du parti.

Cette série de désignations prolonge une dynamique enclenchée en juillet dernier, avec l’intégration de profils plus jeunes. L’objectif affiché est de rajeunir et féminiser l’appareil partisan afin de mieux refléter la sociologie sénégalaise. Sur les 25 cadres nommés, sept sont des femmes, parmi lesquelles Néné Fatoumata Tall, présidente du mouvement des femmes de l’APR.

Autre évolution notable : la création d’un dispositif renforcé de communication, avec huit porte-paroles – dont trois femmes – placés sous la coordination de l’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam. Pour plusieurs responsables du parti, cette réorganisation traduit une volonté claire de repositionnement sur l’échiquier politique.

« Il s’agit d’une stratégie de reconquête du pouvoir », estime Seydou Gueye, ancien porte-parole de l’APR, qui souligne le renforcement du maillage territorial en vue des élections locales de 2027.

Deux ans après une défaite présidentielle sévère face au Pastef du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, et après le départ de nombreux militants, l’APR cherche à se maintenir au centre du jeu politique. Pour le politologue Papa Ogo Seck, le parti est engagé dans une « logique de survie et de dignité », visant à restaurer sa visibilité tout en assumant l’héritage des réalisations de l’ère Macky Sall (2012-2024).

Andreï Touabovitch