Les Chefs d’État et de Gouvernement des 54 pays membres de l’Union Africaine (UA) qui tiennent leur 39e Sommet du 14 au 15 février à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, ont lancé « un appel unifié à une nouvelle ère de financement de la lutte contre le paludisme » dans le continent.
A cette occasion, le Chef de l’Etat du Botswana et Président en exercice de l’ALMA-Alliance des dirigeants africains contre le paludisme, Duma Gideon Boko a présenté le « Rapport 2025 de l’UA sur les progrès accomplis en Afrique dans la lutte contre le paludisme », mettant ne garde « qu’en l’absence d’une action urgente, le continent risque de perdre des décennies de progrès durement acquis dans la lutte » contre le paludisme.
Le « Rapport 2025 » révèle 270,8 millions de cas et près de 600.000 décès dus à la maladie, appelant « à mobiliser davantage de ressources nationales. Il invite les partenaires à honorer leurs engagements et demande la relance du Programme de soutien à la lutte contre le paludisme (Malaria Booster Programme) de la Banque mondiale ».
L’ALMA et les dirigeants de l’UA alertent par ailleurs contre le fait que les « progrès sont au point mort depuis 2015, et seuls cinq États membres de l’UA ont atteint les objectifs du ‘Cadre catalytique 2025’ visant à réduire de 75% l’incidence du paludisme ou la mortalité liée à ce dernier ».
Ces objectifs s’inscrivent dans le cadre du Programme catalytique de l’UA pour mettre fin au sida, à la tuberculose et éliminer le paludisme en Afrique d’ici à 2030.
« La convergence sans précédent des défis qui menacent l’élimination du paludisme s’est intensifiée. L’APD (Aide publique au développement) pour la santé en Afrique a diminué de 70% en seulement quatre ans, et la huitième reconstitution des ressources du Fonds mondial est loin d’avoir atteint son objectif de 18 milliards de dollars US » a relevé Duma Gideon Boko soulignant à l’endroit de ses pairs, que «nous ne pouvons pas permettre que ces difficultés anéantissent des décennies de progrès qui ont permis d’éviter 1,64 milliard de cas et de sauver 12,4 millions de vies depuis 2000 ».
L’UA et l’ALMA renseignent en outre que vingt-quatre pays ont désormais introduit des « vaccins antipaludéens approuvés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour les enfants de moins de cinq ans, avec 28,3 millions de doses distribuées en 2025, contre 10,5 millions en 2024 ».
De plus, l’OMS a préqualifié deux produits répulsifs spatiaux en 2025, marquant la première nouvelle intervention de lutte antivectorielle introduite depuis des décennies. « Un nombre record de 22 pays prévoyaient de mettre en œuvre une chimioprévention saisonnière du paludisme en 2025. Le potentiel d’innovation dans la lutte contre le paludisme est plus important que jamais », se veut optimiste l’ALMA.
