Sahel: plus de 8 millions de personnes menacées par l’insécurité alimentaire en 2019 (ONU)

Plus de huit millions de personnes pourraient être en situation d’insécurité alimentaire en 2019 au Sahel, l’une des régions les moins développées du monde, a averti, jeudi, l’organisation des Nations-Unies.

« Si la situation humanitaire au Sahel a connu une légère amélioration en 2018, grâce notamment à une relativement bonne saison pluvieuse, les besoins restent élevés », a déploré devant le Conseil de sécurité, le Conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahel, Ibrahim Thiaw.

En 2018, a-t-il rappelé, environ 10 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire au Sahel, dont 5,8 millions se trouvent au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Tchad. Des pays qui ont connu une sécheresse aiguë dès la fin 2017.

« La malnutrition sévère aiguë a atteint des niveaux inégalés dans six pays et risque de perdurer », a encore averti le Conseiller onusien, lors de cette réunion du Conseil de sécurité consacrée au plan de soutien des Nations-Unies au Sahel.

M.Thiaw a également souligné que la communauté internationale se trouve aujourd’hui « à une conjoncture critique pour la stabilité de l’ensemble de la région du Sahel ». En raison de la position géographique de cette région et de la géopolitique, « il ressort que la paix, la stabilité et le développement dans la région ont une incidence directe non seulement pour les pays voisins africains, mais aussi pour l’Europe et le reste du monde », a-t-il relevé.

Et de noter à cet égard que le Sahel est l’une des régions les moins développées du monde, qui fait face aux défis simultanées de l’extrême pauvreté, des effets néfastes des changements climatiques, l’insécurité alimentaire, une croissance démographique rapide, une gouvernance fragile, en plus des menaces terroristes. Evoquant la mise en œuvre du plan de soutien de l’ONU au Sahel, M. Thiaw a estimé que pour assurer une paix et une sécurité durables au Sahel, il faudra d’abord traiter « les causes profondes de l’instabilité ». « L’approche tout-sécuritaire à elle seule ne suffira pas à stabiliser le Sahel. Il faut parvenir à une paix durable, et concomitamment lancer un vaste programme de développement durable qui permettra de transformer positivement les économies, améliorer le cadre de vie des populations et rendre l’espoir aux jeunes », a conclu le Conseiller onusien.(map).

Andreï Touabovitch

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