Le président vénézuélien Maduro rejette l’ultimatum de plusieurs pays européens

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a formellement rejeté l’ultimatum lancé par plusieurs pays européens qui lui demandaient la tenue d’élections sous huit jours, faute de quoi ils reconnaîtraient Juan Guaido comme chef de l’Etat.

Dans une interview à la chaîne CNN Turk diffusée hier, Nicols Maduro a déclaré que son pays n’était «pas lié» à l’Europe, qualifiant d’«erreur» l’initiative des pays européens.

Mercredi dernier, lors d’une grande manifestation d’opposition à Caracas, Juan Guaido s’est autoproclamé président par intérim du Venezuela. Peu après, les Etats-Unis, le Canada et plusieurs pays d’Amérique du Sud, dont le Brésil et la Colombie, et le dernier en liste l’Australie, l’ont reconnu.

Samedi, Madrid, Paris, Berlin, Londres, Bruxelles et Lisbonne, ont exigé la convocation d’élections sous huit jours au Venezuela, faute de quoi ces capitales reconnaîtront à leur tour le chef du Parlement et président autoproclamé Juan Guaido comme chef de l’État du Venezuela.

Si Nicolas Maduro considère l’autoproclamation de Juan Guaido comme une «tentative de coup d’Etat», dont il attribue la paternité à Washington, il se dit pourtant ouvert à une éventuelle rencontre avec le président américain Donald Trump.

L’autoproclamation de Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela a divisé la communauté internationale. En face des soutiens à Juan Guaido, la Russie, qui a qualifié l’ultimatum européen d’absurde, soutient Nicolas Maduro, à l’instar de la Turquie ou de la Chine.

Nicolas Maduro continue surtout de bénéficier du soutien de l’armée, auprès de laquelle il s’est affiché dimanche, flanqué de son ministre de la Défense, Vladimir Padrino, à l’occasion d’un défilé militaire au fort de Paramacay, près de la ville de Valencia, à l’ouest de Caracas. De son côté, Juan Guaido maintient la pression et a appelé la population à une nouvelle manifestation mercredi prochain.

Andreï Touabovitch

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