Fin de l’occupation de l’ambassade du Venezuela à Brasilia

Une porte-parole de Teresa Belandria, ambassadrice désignée par Juan Guaido à Brasilia, a confirmé l’évacuation hier soir des partisans du chef de l’opposition vénézuélienne qui avaient occupé une douzaine d’heures l’ambassade du Venezuela dans la capitale brésilienne. 

Le coup de force symbolique avait été mené par 11 hommes et 3 femmes, selon la chargée de presse de l’ambassade, et a engendré une situation confuse. 

Dans un premier temps, Teresa Belandria, qui avait appelé les sept consulats du Venezuela au Brésil à faire défection pour s’opposer au régime socialiste de Nicolas Maduro, avait assuré dans un communiqué, que des membres du personnel au sein de l’ambassade avaient livré «volontairement la mission diplomatique à la représentation accréditée légitimement au Brésil». 

Mais quelques heures plus tard, le président brésilien Jair Bolsonaro affirmait sur Twitter avoir « pris des mesures pour rétablir l’ordre» à l’ambassade vénézuélienne à Brasilia. Et ceci bien que son gouvernement soutient activement Juan Guaido qui s’est unilatéralement proclamé président du Venezuela, pays qui s’est enfoncé dans une dramatique crise sociale et économique, et dont la légitimité a été reconnue par une cinquantaine de capitales. 

Plusieurs dizaines de policiers brésiliens s’étaient postés devant l’ambassade, où une centaine de militants de gauche ont protesté contre l’occupation, criant «Guaido putschiste» ou  «Guaido narcotrafiquant». 

Ces évènements à l’ambassade du Venezuela au Brésil se sont produits au moment où se tenait la réunion des pays des BRICS dans la capitale brésilienne. A quelques kilomètres de là, le Palais d’Itamaraty, accueille le sommet des BRICS, avec les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine, qui avaient déjà eu dans la journée de mercredi, des rencontres bilatérales. 

Nul doute que la question vénézuélienne, qui divise au sein des Brics où le Brésil est le seul pays à reconnaître la légitimité de Juan Guaido alors que la Chine et la Russie soutiennent Nicolas Maduro, a suscité un vif débat parmi les participants au sommet des BRICS. 

Andreï Touabovitch