Hong Kong plongée dans un inextricable cycle de violences

Hong Kong se retrouve plongée depuis maintenant une semaine, dans un cycle d’affrontements violents, plus précisément depuis qu’un policier ait tiré à bout portant sur un manifestant et qu’un passant a été aspergé de liquide inflammable avant d’être allumé comme une torche par les manifestants pro-démocratie qui veulent empêcher pékin d’accélérer sa mainmise politique, légale et économique sur l’ancienne colonie britannique.

Hormis le fait que les deux victimes de ces incidents soient entre la vie et la mort, leur répercussion vient du fait que les deux attaques ont été filmées. Massivement relayées sur les réseaux sociaux, ces vidéos ont attisé les partisans des deux camps. 

Cela fait plus de quatre jours maintenant que la ville est bloquée. Les manifestants, qui utilisent des catapultes, des arcs et des flèches enflammées pour combattre les forces anti-émeutes, ont commencé à multiplier les lieux d’affrontement pour éprouver les forces de l’ordre. 

Les étudiants, qui constituent la frange la plus importante et la plus revendicatrice du mouvement contestataire, tentent de bloquer l’accès au campus de la Chinese University of Hongkong (CUHK). 

Hier matin, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de disperser des manifestants vêtus de noir et des étudiants qui bloquaient l’entrée du tunnel reliant l’île de Hong Kong au district de Kowloon. 

La police a annoncé jeudi qu’un homme d’une trentaine d’années est mort des suites d’une chute, sans davantage de précisions. Et 64 personnes au total ont été blessées lors des heurts de mercredi. 

Les conséquences de ces affrontements sont visibles partout. Les écoles, les centres commerciaux et les transports en commun sont fermés. Et certaines voies de circulation, d’habitude très empruntées par les habitants, sont bloquées par les manifestants. 

Cette crise à Hong Kong a commencé en juin avec le projet de loi qui prévoyait possible l’extradition vers la Chine de tous les individus considérés comme « fugitifs » par Pékin. Et cinq mois plus tard, aucune solution de sortie ne semble pointer à l’horizon. 

Andreï Touabovitch