La Chine lance son premier recensement depuis la fin de la politique de l’enfant unique

Des millions d’agents ont commencé le recensement des habitants en Chine populaire. Cette gigantesque opération qui se fait une fois tous les dix ans, est la première depuis l’abandon de la «politique de l’enfant unique». 

Ce sont quelque 7 millions d’employés des administrations de quartiers et des volontaires, qui ont commencé dimanche à collecter les données démographiques. L’opération, qui va s’étaler sur deux mois, s’étendra des luxueux gratte-ciel résidentiels de Shanghai, dans l’est du pays, jusqu’aux villages reculés des montagnes du Tibet, dans le sud-ouest du pays. 

L’analyse des résultats devrait prendre deux années. Pour la première fois, les Chinois pourront transmettre leurs informations via une application mobile afin de simplifier le traitement des données. 

Selon les estimations du gouvernement, jugées trop optimistes par un institut de recherche chinois auteur d’une étude publiée en juillet et très commentée dans le pays, le recensement devrait faire état d’une population de 1,42 milliard d’habitants, soit une hausse de +5,99% en dix ans qui s’explique par l’abandon de la politique de l’enfant unique. 

Le précédent recensement effectué en 2010, avait fait état d’une population de 1.339.724.852 personnes, marquant une augmentation depuis l’an 2000 de plus de 73 millions d’habitants, soit +5,83%. 

« Clé de voûte » dans l’élaboration de politiques liées au développement socioéconomique au cours du 14ème plan quinquennal (2021-2025), le recensement permettra de mieux appréhender la croissance démographique et les mouvements de population et rendra également possible une meilleure répartition des ressources pour l’éducation, la santé, les transports ou encore l’emploi. 

La Chine n’a pas constaté le baby-boom tant attendue avec sa décision en 2015, sur fond de vieillissement de la population et d’un manque croissant de main d’œuvre, d’autoriser tous les couples à avoir deux enfants au lieu d’un seul, ce qui mettait fin à la limitation des naissances lancée à la fin des années 1970 dans un contexte de forte croissance démographique, lorsque les familles nombreuses étaient la norme. 

Avec l’augmentation du coût de la vie, les couples rechignent toujours à faire des enfants. L’an passé, le taux de natalité a même été le plus faible depuis la fondation de la République populaire en 1949. 

Andreï Touabovitch