Nucléaire iranien : la coopération au beau fixe entre Téhéran et l’AIEA

yukiya-amano-aieaAu lendemain de sa première visite en Iran depuis la signature de l’accord historique entre Téhéran et les grandes puissances, le chef de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), chargée d’enquêter sur le programme nucléaire iranien, le Japonais Yukia Amano s’est félicité des « progrès significatifs ».

Le responsable de l’organisme onusien a confirmé les déclarations des responsables iraniens qui ont annoncé avoir remis à l’AIEA des « échantillons prélevés » sur le site militaire suspect de Parchin, mais sans la présence d’inspecteurs de l’Agence. Yukia Amano a ajouté que l’AIEA pouvait confirmer l’intégrité de la procédure du prélèvement et l’authenticité des échantillons. Leur analyse par les inspecteurs de l’agence de l’ONU devrait prendre plusieurs semaines. Sans critiquer l’absence des inspecteurs de l’AIEA, les Etats-Unis, signataires de l’accord du 14 juillet dernier sur le nucléaire international se sont satisfaits de la remise d’échantillons du site de Parchin.

Le directeur général de l’AIEA a également pu visiter un bâtiment sur le site de Parchin où des « travaux de rénovation récents » ont été menés mais à l’intérieur duquel il n’y avait aucun équipement. Il s’agit d’une réelle avancée pour l’AIEA qui ne pouvait se contenter jusqu’alors, que d’images satellitaires.

Les relations entre l’AIEA et Téhéran dans l’enquête visant à déterminer entre autres, si l’Iran a cherché ou non à développer un programme nucléaire militaire par le passé jusqu’en 2003 n’ont pas toujours été si cordiales.

Le site de Parchin, situé à l’est de Téhéran, est soupçonné notamment par les Etats-Unis d’avoir abrité des tests d’explosions conventionnelles applicables au nucléaire, ce que la République islamique a toujours démenti. Depuis de précédentes inspections en 2005 qui n’avaient rien donné, les autorités iraniennes n’avaient plus autorisé l’AIEA d’accéder à ce site, mettant en avant sa nature militaire. L’AIEA doit rendre le 15 décembre prochain un rapport destiné à lever toutes les zones d’ombre planant encore sur le dossier du nucléaire iranien avant une future levée des sanctions internationales qui frappent la République islamique.

Mohamed El Abdi

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