La Chine a publié la semaine dernière une série de textes amendant sa loi contre «l’extrémisme religieux», qui reconnaissent de fait, l’existence de camps de détention dans la région autonome du Xinjiang, dans le nord-ouest du pays.
Ces textes évoquent des «centres de formation professionnelle» visant à «offrir des opportunités d’emploi» à leurs pensionnaires. En réalité, précisent des ONG et des médias étrangers, il s’agit d’une dizaine de centres de «rééducation» extrajudiciaires où près d’un million de musulmans ouïghours sont enfermés depuis plusieurs mois.
Selon plusieurs témoignages, les personnes enfermées dans ces centres pour des durées indéterminées et séparées de leurs enfants qui sont envoyés dans des orphelinats, subiraient dans ces centres un endoctrinement politique qui consiste à apprendre par cœur les «pensées» du président Xi Jinping ainsi que des poèmes et des chants à la gloire du Parti Communiste.
Pékin a longtemps nié l’existence de ces camps malgré de nombreuses preuves réunies depuis plusieurs mois par les ONG et les médias étrangers comme des images satellites.
Cet internement à grande échelle remonterait au printemps 2017. Environ 10 millions de musulmans ouïghours vivent dans la région autonome du Xinjiang. Ils se retrouvent victimes de la lutte féroce dans laquelle s’est engagée la Chine ces dernières années contre «l’idéologie extrémiste» responsable selon les autorités de Pékin, de divers attentats commis au Xinjiang et attrbués aux indépendantistes ouïghours ou à des islamistes.
Mais cette politique antiterroriste a pris des airs de persécution politique de la minorité musulmane qui vit dans cette région distante de Pékin de 3.000 kilomètres. Une loi «anti-halal» a même été récemment votée. Le Congrès américain a évoqué un possible crime contre l’humanité.

 

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